1012520_7953270-bstcrabeq-20100807-f111k (photo Télégramme)

Le 1° Août 2018

Début du mois plein soleil. Les fêtes de villages battent leur plein et celle de Plouarzel attend environ 7000 personnes pour magnifier le crabe. Sur l’annonce est précisé : « …apporter la pince pour casser le crabe » ! Après avoir sauvé un peu partout et en grande partie le patrimoine religieux, les bénévoles s’attaquent résolument à celui de l’artisanat. Ainsi au Tréhou une petite équipe a sorti des broussailles le kannedi de Ty-Ruz. Les ouvriers amateurs ont relevé les murs de cette maison buandière, puis la charpente grâce à un don de bois de chêne et châtaignier. Ils lancent maintenant un appel au don d’ardoises de la montagne pour reconstituer une couverture semblable à l’originale. Je suis sûre qu’ils vont réussir leur projet.

Le 2

Merci à Louis-Albert de Broglie d’avoir fait du domaine du château de la Bourdaisière à Montlouis-sur-loire le conservatoire de la tomate (700 variétés) et d’avoir cru que : « l’écologie est l’économie du futur ». Le choix de l’agriculture alimentaire de l’après-guerre n’est plus de saison. « C’était un choix d’époque. Il faut faire le choix inverse aujourd’hui ; ça ne va pas se faire en un jour, ça va prendre 20 ans. »  Le prince jardinier, ancien banquier, rentabilise son domaine. Pour éviter les pertes, début septembre, il va présenter son dernier projet : le « Tomato Lab » pour ne plus jeter les légumes ayant un léger défaut ou présentant une légère coupure. « Nous allons rechercher une diversité d’usage de la tomate avec la « zéodratation » qui permet de réduire le fruit en fine poudre tout en conservant ses propriétés et son goût. Il est possible d’imaginer des utilisations médicinales, agroalimentaires et cosmétiques ». Le domaine est devenu un espace  découverte de la biodiversité : une micro ferme inspirée de la permaculture. Bravo !

Le 3

Dédé est venu rapporter la tondeuse prêtée. Mon vieil ordinateur, que je lui ai refilé semble reprendre vie. Le ventilateur ne fonctionne pas très bien donc, Il chauffe. IL l’a nettoyé et il surélève l’ordi quand il s’en sert. Je me suis laissé dire qu’il y a une petite languette qui parfois n’adhère pas bien ?? Je sais aussi qu’il existe des ateliers de bénévoles qui aident les particuliers dans la remise en état du petit matériel, y compris électronique, mais où ? Vivement la non-obsolescence ! Un recensement des pardons en Bretagne est lancé : toutes les communes vont être invitées à préciser la date et sous quelle forme le ou les pardons ont lieu. C’est Ste Anne d’Auray qui va centraliser les réponses. Ceci dans le but de les faire inscrire au patrimoine vivant de l’humanité. Rien qu’ici il y en a 8!...Résultat de recherche d'images pour "histoire d'une ame therese de lisieux" Le 4

Je suis persuadée que chacune de nos vies est une histoire formidable. Aussi, j’espère qu’au « paradis » il y a une grande bibliothèque racontant celles-ci sous forme de bande dessinée humoristique de préférence, selon les circonstances …c’est sans doute la lecture de « l’histoire d’une âme » de Thérèse de Lisieux, qui m’a incitée à repenser à certains évènements de la mienne. Ce que nous nommons « hasard » ou « coïncidence » et qu’elle appelle «  la grâce ». Superbe et intéressant voyage en Ardèche avec « Echappées belles »pour clore la journée.

Le 5

Ainsi, j’étais alors stagiaire infirmière de deuxième année, au centre Eugène Marquis de Rennes , service de chirurgie crânienne, en charge de la petite salle des comateux de plus ou moins longue durée, ils étaient huit. Ce jour-là est arrivé un jeune homme, d’à peine une vingtaine d’année, dans le coma, suite à un accident de la route. Son nom me disait vaguement quelque chose, mais ??…jusqu’au moment où sa maman est arrivée. Il s’agissait de la sage-femme qui m’avait mise au monde et ondoyée deux jour plus tard : ma vie étant compromise par une bronchiolite aigue de déglutition. (Ceci remonte à plus de 74 ans). Bien que les soins soient faits, comme ce n’était pas les heures de  visites, l’infirmière en chef rechignait à la laisser entrer ; mais elle restait là à la porte. Alors, bien que je n’aie pas droit au chapitre,  je me suis débrouillée pour la faire venir ; car je savais intuitivement que son fils unique allait mourir. Elle voulait juste être près de lui. Je ne regrette pas du tout d’avoir transgressé les règles et si c‘était à refaire, je le referais : c’était pour moi comme une dette de reconnaissance silencieuse et elle me faisait penser à une piéta. D’ailleurs le lendemain à mon arrivée, le lit était déjà occupé par un autre jeune et personne n’a pipé mot. J’ai eu le cœur en paix. Hasard ou grâce ???...

19a37a6c83d9ac1c9b4c4a852e9a75a3-plouarzel-la-fete-du-crabe-une-journee-bien-ficellee_2 (Photo Ouest France)

Le 6

Comment une petite commune comme Plouarzel peut-elle organiser une fête telle que celle du crabe qui accueille 7000 personnes ?   Réponse : avec 200 bénévoles que Solen, la chargée du planning, chouchoute. Ils ont droit à des tee-shirts personnalisés et le repas est gratuit.  Cerise sur le gâteau : ils se retrouvent tous les ans à l’automne pour un diner. Si la plupart des bénévoles viennent de la commune ; certains de plus loin, comme ce couple de corréziens depuis huit ans ou du Bénin par exemple. C’est aussi souvent une affaire de famille : grands-parents, parents, tontons, enfants…Car en plus des crabes, environ 7000 crêpes fraiches sont englouties dans la journée ! Hier soir nous avons regardé la grande parade des pays celtes de Lorient : toujours aussi superbe.

Le 7

Une bonne pluie, mais qui ne dure pas, pour entamer la journée me sort du lit. Le temps gris est un soulagement ; qui l’eut pensé en Bretagne !…le mobilier de l’église à encore changé de place : une grande partie des chaises ont été enlevées ainsi qu’un confessionnal sur le côté du transept, derrière l’autel pour y installer un autel de la vierge avec lieu de prière devant. C’est bien, « sauf que les jours de grandes fêtes une partie de l’assemblée sera debout » dixit une ronchonne; mais comme l’assistance diminue d’année en année, hélas, j’ai rassurée ainsi celle qui m’en a fait la réflexion. Ce microcosme humain qu’est une paroisse me passionne toujours autant par sa diversité.

Le 8

Le soleil est revenu mais en compagnie de nuages : très bien. Voici une anecdote qui s’est passée au presbytère : un jeune homme vient pour son mariage. On lui demande de fournir son certificat de baptême. Réponse : sa mère n’a aucun souvenir de la paroisse où il a été baptisé, seulement la région. Heureusement l’accueillante a une idée de génie : Vous avez peut-être des photos de baptême avec le prêtre officiant ?  Oui. La photo est alors envoyée à l’évêché du lieu pour savoir où ce prêtre était en poste à l’époque. Gagné ! Il s’agissait d’un tout petit village, qui a pu délivrer le dit certificat. Ceci pour dire que la vie paroissiale devient de plus en plus compliquée et cela ne va faire que s’amplifier. En tout cas ici, car notre secrétaire en chef (ancienne secrétaire de mairie) vient de faire valoir ses droits de bénévole à la retraite, après trente ans d’investissement. Comme elle assure tous les papiers, la logistique jusqu’au papier toilette, en passant par des obsèques, des gardes du presbytère, etc…bref un emploi à plein temps, nous allons au quatrième trimestre nous retrouver le bec dans l’eau, bénite j‘espère : car les jeunes, retraités ou pas, répondent pour l’instant aux abonnés absents … Le 9

Long coup de fil avec ma chère sœur vendéenne, qui souffre aussi de la chaleur et vit calfeutrée. Les tomates de leur jardin ont dû être abritées derrière un linge car elles brûlaient au soleil ! Du jamais vu jusqu’à présent. Le rosier grimpant Madame Meilland donne une deuxième floraison grâce à la pluie de ces derniers temps : superbe ! 

IMG_0247 (photo Joëlle)

Le 10

Covoiturage pour aller aux obsèques de Roger, un ancien sacristain de 87 ans, à Guissény dans le Nord-Finistère. Après un début de Carrière dans les PTT à Paris, Roger est venu ici où il s’est beaucoup investit, en plus de son métier, dans la paroisse comme sacristain, les voyages à Lourdes, la garde de la Chapelle de la Fontaine Blanche où se célèbre la messe du 15 août, à la fin de laquelle il accueillait chez lui le clergé pour un apéritif. Au cours de la célébration, en français et breton, toute simple, présidée par un de nos anciens curés en retraite sur cette paroisse, celui-ci nous a conté une anecdote d’ici: un jour où il proposait à Roger de venir le chercher chez lui pour lui éviter trop de marche à pied, celui-ci lui a répondu : « Non, non, non, sinon je n’aurais plus le temps de dire mon chapelet » qu’il récitait en route.  Quand il a pris sa retraite de sacristain, un peu poussé par la hiérarchie, car la fonction était devenue trop prenante pour lui seul, Il est reparti, avec Thérèse son épouse, dans son petit village d’origine, où il a repris du service comme sacristain pendant encore trois ans. Il a fallu deux personnes pour le remplacer ici et ces deux sacristains prennent cette année leur retraite à leur tour. J’aimais beaucoup Roger, qui avait son petit caractère mais un cœur d’enfant voué au service humble de l’église. Que sa venue « là-haut » fasse la joie du Ciel !

Le 11

Pour l’anecdote en sortant de Guissény, notre conducteur s’est perdu dans les routes nouvelles de sortie de bourg et nous a promené en rase campagne, pendant un bon bout de temps, jusqu’à trouver une pancarte routière : nous étions sur la route de Lesneven…un petit changement d’itinéraire qui nous a mené par une route des écoliers aux portes de Brest choisies plutôt que celles de Landerneau où nous avons trouvé, hélas, le pont de l’Iroise bloqué par un cirque qui protestait pour un refus de stationnement  en vue d’un spectacle. Une belle pagaille et un bouchon de plusieurs kilomètres s’en est suivi, qui a mobilisé une gendarmerie conséquente jusqu’à ce que parvienne enfin l’accord du préfet. Bref, l’aventure pour des retraités !...Arrivée de Claudine pour quelques jours.

Le 12

Très grosse pluie du matin, ce qui a fait annuler les festivités et expositions du dimanche matin sur la grande place. La messe était assurée par un prêtre congolais. Je m’attendais à une homélie bateau et, oh surprise, elle fût excellente dans un français remarquable. Ce prêtre spiritain, fût suivit par un missionnaire originaire de Guipavas depuis ses huit ans. Il était donc ravi de célébrer dans notre paroisse. Il nous a dit brièvement ses différentes missions au Congo, en fin d’office. Actuellement, il est en poste chez les pygmées du nord où 4500 élèves sont scolarisés dans la mission. Une fenêtre d’éclaircie m’a permis un petit tour de jardin bien arrosé. Les roses ont un peu pâties de cette  bénédiction du ciel.

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La princesse Zénaïde N. Youssoupova, comtesse Soumarokova-Elston (1861-1939).
Portrait de François Flameng, 1894.
Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Le 13

Zénaïde est un prénom peu usité. Cependant c’est celui d’une princesse russe qui s’installa au château de Kériolet près de Concarneau au XIX° siècle, séduite par ce bâtiment dont les fondations remontent au moyen-âge. La belle Zénaïde venait d’épouser un charment officier, Charles de Chauveau, hélas roturier. Qu’à cela ne tienne, la princesse lui achète deux titres de noblesse et ce magnifique château qu’elle rénove à son goût. La propriété est passée ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires en particulier le prince Youssoupov, connu pour être l’un des fomenteurs de l’assassinat du moine Raspoutine. Actuellement et depuis 30 ans, c’est Christophe l’Evêque qui a entrepris de restaurer à nouveau ce bâtiment. C’est à ma connaissance la deuxième princesse russe à s’être installée dans le Finistère. La première j’en ai déjà parlé auparavant, il s’agit de la princesse Rosalie, petite bretonne, que le prince Pierre épousa et dont l’Arche occupe dorénavant la propriété au Relecq-Kerhuon.

Le 14

Ce matin nous passons sous la coupe de Nathalie afin d’avoir des têtes présentables pour la cousinade. Visite de Joëlle ; le temps rafraichit un peu. Une Troisième floraison pour notre rosier grimpant « Madame Mailland » se prépare. P1160721 Le 15

Assomption : J’ai fait la procession qui menait à la chapelle depuis la Croix du Vern, avec les courageux. Ce trajet dure 20 à 25 minutes et la pluie nous a épargnés ainsi que durant la messe dite en plein air. Au retour par la route, nous avons, avec Monique, été prises en stop par Mathilde. Merci à Hélène pour ses photos car je n’avais pas pris d’appareil. Arrivée de Vincent dans l’après-midi. 

P1160731 (photos du 15/08 prises par Hélène, une amie de Joëlle)