
Le 17
Le ciel étend sa grisaille sur tout le paysage…petite promenade dans le bourg avec Marie-France pour faire quelques courses. Pendant qu’elle fait un scrabble avec Mimi, je planche sur les mots croisés de Laclos ! Elle repart demain pour son stage d’accordéon diatonique en presqu’ile de Crozon. Elle repassera par ici après sa courte semaine de stage. J’aime ces allées- venues des uns et des autres. Notre voisin a coupé un sapin dans son jardin : encore un arbre de moins dans le quartier…
Le 18
Un vent piquant me saisit, dès que je mets le nez dehors pour me rendre à la messe. Je retrouve Monique, qui peine un peu en chemin. Après l’office en descendant vers nos demeures respectives, nous croisons Michel en chemin, qui monte pour aller acheter ses baguettes favorites. Je fais donc volteface pour l’accompagner. Allumer ou ne pas allumer la cheminée est la question du jour ?... Nous optons pour une remise à plus tard de l’évènement : l’hiver, parait-il, sera rigoureux. Donc les petites couvertures suffissent pour l’instant lorsque nous regardons la télé.
Le 19
Un temps de printemps, pour accueillir Sacha et Kristina en ce début de semaine, nous réveille ce matin : pas un nuage à l’horizon, pas de ciel moutonneux, pas de cumulus à trainer…rien que l’azur environnant, doublé d’un petit vent frais, qui ne gêne pas les enfants amateurs d’entrainement de foot, dont les voix arrivent jusqu’ici. Nous avons visités le bourg avec toutes les nouveautés architecturales depuis leur dernier séjour : Kristina a trouvé la « bibliothèque de rue » superbe et très intéressante.
Le 20
Le soleil s’est caché sous un voile de nuages, mais la température est douce. Sacha, en voulant nous faire une démonstration de violoncelle, a fait sauter les cordes de l’archet : heureusement nous connaissions un atelier de luthiers sur Brest. Michel s’y est rendu en début d’après-midi et l’archet a été réparé immédiatement et gracieusement ; Il est vrai que j’avais passé un coup de fil auparavant ; la dame m’avait rassurée en m’expliquant que ceci est l’effet du changement du taux d’humidité entre Paris et Brest ; l’incident est fréquent. Ouf !
Je suis épatée par l’ingéniosité des gens : en Inde, un industriel a trouvé un meilleur revêtement routier en rajoutant du plastique récupéré aux gravillons et bitume : les routes durent trois fois plus longtemps et réduisent les déchets. Pourquoi ne le fait-on pas en France ??...Le 21
Hier, j’ai fait du ménage : carreaux de l’étage et du rangement dans la lingerie, pendant que le reste de la maisonnée était au supermarché. Perchée sur un petit escabeau, j’ai pu constater que je ne suis plus du tout handicapée par mon pied. La fumée s’échappe de la cheminée des voisins qui se chauffent au bois, par cette matinée plutôt grise ; ce qui a incité Alexandre et kristina à aller à la médiathèque. Au passage, ils déposeront les verres dans le bac de récupération. J’ai déterré les rosiers pour Marie-France qui vient prendre un petit café, avant de filer sur Lorient où l’attend son époux. J’ai enveloppé de mousse ces jeunes pieds, pour le voyage vers Paris, afin qu’ils tiennent en bon état jusqu’à vendredi soir.
Le 22
Nous sommes bien contents d’avoir des nouvelles familiales grâce au blog de Véronique ; c’est toujours un immense plaisir que de suivre un peu les pérégrinations des uns et des autres. Le sentiment d’appartenance à une grande famille est très gratifiant : il y a tant de talents regroupés, que c’est un émerveillement continu! J’ai lu une bonne nouvelle : la grève contre le chômage. Lassés des non propositions d’emploi, certains se sont mis à désherber, nettoyer les rues de leur village…Ainsi ils se sentent utiles et ne perdent pas le rythme de la vie dite active. Bravo ! Ici, ce sont les pécheurs qui nettoient les multiples cours d’eau de la commune ; certains remettent en état des lavoirs laissés en ruine sous des gravats parfois : il faut le souvenir des anciens pour les retrouver.
Le 23
Départ de Kristina que nous conduisons à la gare par un temps ensoleillé, un peu frais. Alexandre monte à l’étage pour la nuit, après avoir regardé « Thalassa ».
Le 24
Pendant que je vais chanter, Michel et Alexandre vont faire les courses. Pour cette réunion familiale dominicale, nous allons refaire la « rougail » goûtée chez Véronique, avec les lentilles en plus. Pendant que Mimi fait sa sieste, nous allons jusqu’à la salle de sport où aura lieu la fête de la pomme demain, et où les composteurs de notre cité aurons un espace. Nous découvrons de nouveaux participants : les chasseurs. Ils ont fait un superbe stand avec tous les animaux, naturalisés, que l’on peut trouver dans la région : sanglier, chevreuil, Marte, fouine, blaireau, belette, canards, bécasse… que nous pouvons admirer tranquillement en avant-première. Au village de Kerbat, un habitant a eu sa pelouse, fraichement tondue, labourée durant la nuit par des sangliers, les chevreuils mangent tranquillement les fleurs et les légumes des jardins à 300m de la maison. Il faudra, un jour, faire une battue et un repas gaulois !
Le 25
Alexandre ayant changé d’avis, je vais seule à la messe. Claudie, qui fait partie du conseil paroissial, me propose des branches de rosiers en fleurs, qui poussent le long des serres de son exploitation, pour la fête de La Toussaint : Merci Seigneur pour nos frères et sœurs ! Après déjeuner, avec Mary et les enfants, nous allons à la fête de la pomme où je fais ma provision de miel local et bio. Je reste garder, avec mes collègues, le stand des composteurs et je rentre le soir, nantie d’un grand sac de pommes donné par ma copine Josette, qui en a fait transformer une partie en jus : 9 litres. Vincent nous arrive à 19h de Paris pour une semaine : super !
Le 26
Alexandre a fait un mini-concert hier soir, pour montrer ses progrès musicaux de la semaine à son père, après une séance de travail tous les jours sous la férule de Mamie !! Papi se charge des maths. Vincent fait du vide dans sa cave en vue du prochain déménagement : j’ai hérité d’une caisse de pots en verre : « bonne maman », « le parfait » et autres : de quoi distribuer. J’écris pendant que ces messieurs font les courses.
Le 27
Filou n’est pas un chien mélomane. Déjà, Il n’appréciait pas la clarinette de Michel, et quand Sacha a débuté son mini concert pour la famille, il a hurlé des lamentations à fendre le coeur. Sébastien a dû l’emmener en promenade le temps de la prestation !! Aristo n’est pas vraiment amateur non plus, pas plus que des cris des enfants ! Sans doute l’ouïe est-elle plus sensible chez nos frères les animaux ??... Vincent s’est transformé en jardinier : il a tronçonné deux arbustes, débité le bois pour la cheminée et emmené la remorque, pleine de débris, à la déchèterie de Loperhet, plus pratique que la nôtre, avec Michel. J’ai déplacé le coin compostage en tas, afin utiliser le précédent pour des plantations futures.
Le 28
L’âge venant, le bruit n’est pas vraiment notre préférence. Je réalise, dans ces moments plus bruyants que sont les rassemblements familiaux, que j’ai toujours vécu dans le silence, de la campagne à Cancale, et en ville, dans des quartiers de maisons avec des jardins, habités par des anciens biens tranquilles. Lorsque j’étais petite lors des fêtes de famille, je me réfugiais dans la lecture ou je partais faire un petit tour de promenade, seule, dans la nature. Plus j’avance dans la vie, plus je prends conscience que chacun est unique et fonctionne à sa propre manière. Pourtant j’aime les relations humaines, surtout les apartés, et sûrement pas la solitude !
Le 29
Coup de fil de tante Mimie qui ne peut plus aller fleurir la tombe de mes grands-parents à Morlaix. J’irai donc au cimetière de Saint-Martin des champs, la semaine prochaine, avec Monique qui est très contente de m’y accompagner, car les tombes de sa famille sont également là. Elle m’a rassurée en me disant que le monument est très propre et entretenu. L’important est d’abord de ne pas oublier les nôtres dans nos prières au fil des jours. Soizig et Gérard se chargent des tombes des parents, grands-parents, oncle et tante, de Rennes où ils seront demain chez tante Mimie. La Toussaint, c’est la fête des vivants pour l’éternité et non celles des défunts. « L’Ankou » en Bretagne, a quelque peu perturbé cette vérité dans les esprits terrorisés par les légendes. Pour cette raison notre curé veut que l’église soit très fleurie et festive dimanche : nous ferons de notre mieux, mieux, mieux !...
Le 30
L’être humain n’est pas fait pour vivre seul ; sauf s’il a une vocation d’ermite. Soizig et Gérard en ont fait la constatation en rendant visite à tante Mimie, veuve depuis quelques temps déjà. Tant qu’elle a dû s’occuper de tonton Pierrot : tout allait bien. Maintenant elle se rend compte que rien ne va plus et elle a postulé pour une place en maison de retraite. Ne plus guère échanger, ne plus se sentir vraiment utile, déconnecte de la vie courante et perturbe beaucoup quand les émotions jouent des tours : s’étant trompée d’un jour sur la date de la venue de ses neveux pour déjeuner, tante Mimie a fait des ratés de mémoire à répétition durant le repas improvisé, ce qui a bien secoué ma chère sœur. Personnellement, je n’ai rien trouvé à redire de ma conversion téléphonique avec tante Mimie. L’important est qu’elle ait conscience de perdre la mémoire comme tout un chacun à partir d’un certain âge. Ne plus s’en rendre compte serait en effet bien symptomatique.
Le 31
« Bleu, bleu, bleu, le ciel de… » Bretagne, ce matin…Fin des vacances pour Sacha et Vincent, si tant est que ce dernier l’ait été, dérangé sans cesse par les appels de ses collaborateurs ! Ils ont déjeuné hier à Plabennec, où Sacha est resté chez ses cousines pour l’après-midi. Ils sont tous revenus ici pour le goûter-diner. Pendant ce temps, j’avais rassemblé et disposé les fleurs d’hortensia et divers feuillages dans des bacs d’eau, en vue du fleurissement de Toussaint. Claudie nous a gâtées en fleurs comme promis, donc l’église est très fleurie. La répétition du chœur a débuté avant que nous ayons fini ce premier service : j’avais donc les yeux pour les fleurs et les oreilles pour la musique ! Isabelle a terminé seule le dernier bouquet et surtout le ménage et rangement, pendant que je regagnais les rangs de la Chorale. Les choucas réinvestissent les rares arbres qui restent dans le quartier ; les mésanges sont de retour dans le cèdre, la lessive sèche au jardin et la maison est silencieuse en cette fin d’après-midi !...
